Ricardo Bofill et son atelier d'architecture

Ricardo Bofill et son atelier d'architecture

Connaissez-vous l'architecte espagnol Ricardo Bofill ? Né à Barcelone en 1939, diplômé de l'Ecole d'Architecture de Genève, il fonde en 1963 le Taller de Arquitectura (l'Atelier d'architecture) à l'aide d'un petit groupe d'ingénieurs, de sociologues et de philosophes. Avec plus de 500 projets dans une cinquantaine de pays, ce groupement pluridisciplinaire est devenu en un demi-siècle l'un des piliers de notre achitecture actuelle.

En France, on lui doit par exemple d'Arsenal de Metz, ou le quartier Antignone à Montpellier., ou à Paris le siège d'entreprises comme Rochas, Dior, Axa Cartier. Figure emblématique des villes modernes, Ricardo Bofill sait aussi garder plus confidentiels certains de ces projets. L'un des plus passionnants d'entre eux est certainement la bâtiment qui lui sert de bureau et de résidence à Barcelone...

Ricardo Bofill et son atelier d'architecture

Cette ancienne usine de ciment a été découverte par l'architecte en 1973, alors qu'elle était à l'abandon et partiellement en ruine, complexe industriel composé d'une trentaine de silos, de galeries souterraines et de gigantesques salles des machines. Ricardo Bofill décide alors de l'acheter, et de démarrer d'importants travaux de rénovation. Il nomme le projet The Cement Factory, et décide d'employer ce bâtiment pour y établir ses bureaux d'architecte, ses archives, un espace d'exposition, son appartement, un espace pour accueillir des visiteurs, et des jardins. L'espace originel sera redéfini en abattant certaines structures, en nettoyant les résidus de ciment, et un intégrant à l'architecture un véritable paysage végétal, composé eucalyptus, palmiers, oliviers et cyprès. La rénovation demandera deux ans à l'équipe en charge des travaux.

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Bofill a du ré-imaginer tout l'espace et y ajoutant sa patte en respectant les considérations plastiques et esthétiques qui dataient de la Première Guerre Mondiale et avaient déterminé l'agencement du bâtiment. Un véritable compendium surréaliste : escaliers ne menant nulle part, présence d'éléments absurdes remplssaant inutilement l'espace ou à l'inverse espaces inusités gigantesques, aux proportions étranges mais magnifiés par leur disproportion. Séduit par toutes ces contradictions, l'architecte décide de préserver l'essence de l'usine, modifiant sa brutalité originelle pour la transformer en expression artistique. Toute cette magie se retrouve encore aujourd'hui dans la beauté des jardins qui étaient autrefois la cour d'une usine de ciment.

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Les espaces ont été conçus comme autant d'ilots : la cathédrale, les jardins, les silos, chacun avec des caractéristiques propres et un programme de rénovation bien précis. Mélange d'inspirations, histoire vivante de l'architecture, le bâtiment à son propre langage culturel, s'opposant fermement à toute idée d'architecture vernaculaire. Lentement, sous les mains des ouvriers catalans, l'usine s'est métamorphosé, mais restera toujours inachevée, prête à renaître une nouvelle fois sous l'inspiration de Bofill ou de ses successeurs.

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Via Yatzer.
Toutes les images sont la propriété exclusive de Ricardo Bofill, et sont extraites du catalogue 2011 de RoomService.

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