Le petit poucet, conte de Charles Perrault

Il était encore une fois, un bûcheron et sa femme.
Ils avaient sept enfants, sept garçons.
La famille était très pauvre et les garçons avaient une de ces faims ! ...

Un soir, le bûcheron dit à sa femme :
« Nous n'avons plus d'argent et rien à manger.
Comment nourrir tous ces enfants?
Je ne vois qu'une solution, les abandonner dans la forêt.
Abandonner nos enfants ! Mais tu n'y penses pas.
J'ai faim.... j'ai faim.... j'ai faim !
Tu as entendu... Il n'y a pas d'autre solution. Il faut les abandonner.
Tu as raison !

Le coeur de cette mère préféra cette cruelle décision, la forêt,
plutôt que de les voir mourir de faim devant elle.
Ce que le bûcheron et sa femme ignoraient c'est que, le petit dernier, celui que
l'on surnommait Petit Poucet, à cause de sa très petite taille, avait tout entendu.
Et, comme il était très malin, il eut l'idée d'aller à la rivière chercher des petits
cailloux blancs. Une fois les poches remplies de cailloux, il retourna dans le lit où
tous ses frères dormaient déjà
« Les enfants on part en forêt.
Dépêchez-vous.
Oui....oui.....oui......
Ils marchèrent, marchèrent longtemps et enfin, ils s'arrêtèrent près d'un chêne.
« Allez, ramassez les branches. Ce soir, nous ferons un bon feu dans la cheminée.
Pendant que les enfants s'appliquaient à faire leurs tas de branches, tout
doucement le bûcheron et sa femme prirent un sentier caché. Ils se mirent à
courir aussi vite qu'ils le pouvaient en pensant ne plus jamais revoir leurs enfants.

Au bout d'un moment les enfants s'aperçurent qu'ils étaient seuls.
Ils pleuraient tous, sauf le Petit Poucet qui avait eu l'idée de jeter ses petits
cailloux blancs tout au long du chemin. Et, il savait qu'il suffisait de suivre les
petits cailloux pour retourner à la maison.
« Suivez-moi. On rentre à la maison.
Oui, oui, oui, à la maison
Oh ! Ce sont mes enfants qui sont revenus ! Venez, venez les enfants, venez
manger ! Il y a de bonnes choses !
Il faut savoir que, de retour de la forêt, le bûcheron et sa femme avaient
rencontré le marchand de bois qui leur devait de l'argent et qui le leur donna.
« J'en veux encore ! C'est bon ! C'est la troisième fois que tu en prends, arrête !

Les jours passèrent, les mois passèrent. Dès que le bûcheron et sa femme
n'eurent plus d'argent, ils décidèrent, encore une fois, d'abandonner leurs
enfants.
Là encore, le Petit Poucet avait tout entendu. Ayant gardé le dernier pain que sa
mère avait pu lui donner, il avait fait des boulettes avec la mie.
Il pensait retrouver sa route comme l'autre fois puisqu'il avait jeté les boulettes
de mie de pain de la même façon que les petits cailloux blancs.
« Où est le chemin que j'ai tracé... »
Hélas, les oiseaux avaient mangé toutes les boulettes.
« On est perdu dans la forêt et on est seuls ! »
La nuit tombait.
« Vite, montons dans cet arbre.
Oui, oui, oui, dans l'arbre ! »
Le petit Poucet, assis sur la plus haute branche, vit une lumière briller au loin.
« Une maison, là-bas !
Une maison... une maison... une maison... une maison ! »

Une fois les loups partis, les enfants descendirent de l'arbre et se mirent en
route. Après une bonne heure de marche, ils s'arrêtèrent devant la maison. S'ils
avaient su où ils étaient, ils auraient préféré les loups !
« Que faites-vous dehors, tous seuls et la nuit ?
Madame, nous nous sommes perdus !
Oh ! Vous êtes dans la maison de l'ogre. »
Mais la femme de l'ogre était gentille quand son mari n'était pas là. Elle les fit
entrer pour qu'ils se réchauffent devant la cheminée.
« Vite, cachez-vous. C'est l'ogre !
Ça sent la chair fraîche ici !
C'est la viande que je t'ai cuisinée ! »
Attiré par l'odeur des sept petits garçons, l'ogre se dirigea vers la cachette des
sept petits garçons.
« Qu'est ce que c'est que ça ? »
Il sortit, un à un, les sept petits garçons.
« Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept ....quel bon dîner je vais faire! Demain,
j'invite tous mes copains ogres. Femme, donne bien à manger aux enfants. Qu'ils
soient bien gras. Et maintenant, où est cette viande que tu as cuisinée ? »
Et il se précipita sur le repas !
L'ogre mangea et mangea et bût comme un ogre qu'il était.

Pendant ce temps, sa femme monta coucher les enfants dans la chambre où
dormaient déjà leurs sept filles. Elle donna à chacun des garçons un bonnet de
nuit pour qu'ils ne s'enrhument pas.
En bas, l'ogre qui avait bu trop de vin, s'écroula sur le plancher
Le Petit Poucet qui n'arrivait pas à dormir remarqua que les sept filles de l'ogre
étaient coiffées d'une couronne dorée.
« Où sont les garçons ?
Dans la chambre mais laisse-les dormir.
Non, je veux m'occuper d'eux, tout de suite. »
Aussitôt, le petit Poucet qui avait tout entendu remplaça les couronnes des filles
par les bonnets des garçons. Il souffla la bougie et se remit vite au lit.
L'ogre était déjà là. Il s'approcha d'un des deux lits et constata que sur les sept
têtes il y avait bien un bonnet. Il crût qu'il s'agissait de son prochain souper et,
d'un seul coup de couteau, il égorgea ses sept filles. Puis l'ogre alla se coucher.
« Mes frères, debout, vite, vite, on s'en va !
Oui, oui, oui, allons-nous-en !
Sans bruit !
Tais-toi, chut ! »

Beaucoup, beaucoup plus tard, l'ogre se réveilla. Il alla dans la chambre :
« Mes pauvres filles. Je vais me venger ! »
Pour rattraper les sept garçons, il chaussa ses bottes magiques, « les bottes de
sept lieues », qui lui permettaient d'un seul bond de franchir collines et vallées.
Quand il entendit le bruit des pas de l'ogre, le Petit Poucet poussa ses frères,
dans une grotte.
« Cachons-nous vite ! »
Juste à temps, l'ogre arrivait.
« Oh ! Il faut que je me repose un peu »
Alors, le Petit Poucet sortit de la grotte, contourna l'ogre et grimpa dans un
arbre. Là, par bonheur, il reconnut l'endroit où ils étaient, plus très loin de leur
maison.
« Vite mes frères, on rentre à la maison !
Oui... oui... Oui... oui ! »

Pour être sûr de ne pas être rattrapés par l'ogre, il lui retira ses bottes de sept
lieues. Il les chaussa et bien qu'il fût tout petit et l'ogre très grand, les bottes
se mirent à sa pointure. Comment ça se fait ? C'est comme ça. Ce sont des bottes magiques !
Ça use, ça use... pas vraiment, puisque le petit Poucet d'un seul pas franchissait
vingt-huit kilomètres ! Toute sa vie, le petit Poucet conserva ses bottes de sept
lieues. Grâce à elles, il devint messager du roi qui le combla d'or et d'argent.
Ainsi, le petit Poucet put assurer le bonheur de toute sa famille.

De ce conte de Charles Perrault écrit en 1697, Olivier Dahan réalisa un film Le Petit Poucet sorti en 2001.