Les Fées, conte de Charles Perrault

Il était une fois, une veuve qui vivait seule avec ses deux filles.
L'aînée lui ressemblait, laide, désagréable et orgueilleuse.
La cadette, par contre, était aimable, souriante et belle. Mais, très
malheureuse car, sa mère ne l'aimait pas. Elle la faisait travailler
toute la journée, sans arrêt.
« Va chercher de l'eau à la source ! Et vite ! Dépêche-toi !
Oui... »
Et la pauvre fille de prendre un grand seau et d'aller loin jusqu'à la
source.

Tout à coup elle se retrouva face à une vielle femme pauvrement
vêtue :
« Ma belle, donne-moi à boire !
Oui madame, voilà mon seau ! Buvez !
Pour te remercier je vais te faire un cadeau magique. A chaque mot
que tu diras, il te sortira de la bouche, des fleurs, des perles et des
pierres précieuses. »

« C'est maintenant que tu rentres !
Oui. »
Et roses, perles et diamants...
« Mais, qu'est ce que c'est que ça... ? »
Et plus elle racontait à sa mère et plus il y avait dans la cuisine, des
fleurs, des perles et des pierres précieuses.
« Fanchon, mon aînée chérie, va chercher de l'eau à la source et sois
bien gentille et polie avec la vieille femme que tu y rencontreras.
Moi, chercher de l'eau ? Pas question ! J'veux pas !
C'est un ordre, allez Fanchon, va ! »
La fille aînée prit une toute petite cruche et partit.

Arrivée à la source, il y avait une dame très élégante qui semblait
l'attendre.
« Petite, donne-moi à boire.
Si vous avez soif, ben prenez vos mains et plongez-les dans l'eau.
Tu fais l'insolente ! Pour te punir, désormais de ta bouche ne
sortiront que crapauds et serpents.
Crapauds et serpents... ! »

« Maman, t'aurais jamais du m'envoyer à la source !
Faire ça à Fanchon ? Ah, la cadette tu vas me le payer, méchante
fille. »
Et, la mère attrapa le balai pour la frapper. Mais, la cadette ne lui en
laissa pas le temps.

En s'éloignant de la maison, elle rencontra le fils du roi qui, devant
tant de beauté et de merveilles, voulut l'épouser.

Les Fées est un conte de Charles Perrault paru en 1697 avec les contes de ma Mère l'Oye.