Les souhaits ridicules, conte populaire de Charles Perrault

Il était une fois, un vieux bûcheron
« Couper du bois tous les jours, quelle vie... sous la pluie, dans le vent...
Et Jeannette, ma pauvre femme toujours à la peine... Jamais la
chance ne nous aura souri... »
A ces mots, apparut un bon génie
« Si tu prononces 3 voeux je les exaucerai mais réfléchis bien avant de
parler. »
Et le bon génie disparut.

Le soir, quand le bûcheron rentra à la maison, il dit :
« Ce matin j'abattais un chêne quand, tout à coup, apparut un bon génie.
Jeannette, il faut bien réfléchir à ce que nous allons demander pour
ne gâcher aucun voeu. »
Puis il s'assit devant la cheminée.

« Avec une telle braise, un bon boudin serait le bienvenu n'est-ce pas ?
De la cheminée sortit un boudin de plusieurs mètres de long qui se
mit à voler dans la pièce.
« Oh c'est malin ! Au lieu de beaux habits, d'une grande maison ou de
pièces d'or, et ben voilà, toi tu demandes un boudin géant !
Même pas cuit !
Et nous n'avons pas de pommes pour le faire cuire ! »

« J'ai fait une bêtise en rêvant à voix haute d'un boudin mais imagine,
si j'avais demandé qu'il te sorte du nez. »
Un boudin se mit à pendre au nez de Jeannette qui n'en croyait pas
ses yeux.
« Non, mais quel idiot ! Ah ! Je suis jolie comme ça ! C'est d'un pratique
pour parler et en plus je risque de tomber en marchant dessus! Oh !
Qu'est ce que je vais devenir ! »

« Il me reste encore un voeu ! »
Mais que peut-il bien demander? La place du roi ? Avec une telle
reine qui a un boudin qui lui pend du nez on va se moquer de lui !

« Restons comme nous étions ! »
Le boudin disparut.
« Hahahaha !!! »
Le bûcheron et sa femme ? Ils vécurent pauvres mais heureux.

Les souhaits ridicules est un conte populaire écrit par Charles Perrault en 1693.