Les OPCVM monétaires

Grâce à leur souplesse d'utilisation et au faible risque qu'ils font courir au souscripteur, les organismes de placements collectifs en valeurs mobilières (OPVCM) monétaires peuvent constituer un placement financier attractif pour optimiser sa trésorerie. Mais leur rentabilité varie fortement en fonction des taux d'intérêt.

Définition de l'OPVCM monétaire

Une Sicav (Société d'Investissement à Capital Variable) ou un fond commun de placement (FCP) est monétaire lorsque son portefeuille est composée de titres dont la durée de vie est très courte, de quelques jours à 3 mois en général et peu sensibles à l'évolution des taux d'intérêts. Ainsi l'épargnant est assuré de pouvoir récupérer l'intégralité de son capital à tout moment. En contrepartie, le rendement de ces titres est décevant car il suit l'évolution des taux d'intérêt à court terme, c'est-à-dire les taux du marché monétaire qui aujourd'hui augmentent.

Un OPVCM monétaire euro reflète ces particularités.

La performance, avant impôts, des Sicav monétaires était de 3,17% en moyenne sur 1 an en octobre 2006.

Pour rendre les OPVCM monétaires plus attractives, les établissements financiers offrent désormais des OPVCM dynamiques. Une partie du capital est investie hors des marchés monétaires afin d'améliorer, le cas échéant, la performance du placement. Vous pouvez effectivement espérer un gain plus important (0,5 à 1% de plus sur une durée de placement d'un an), mais vous prenez le risque en capital : la valeur peut baisser.

Le versement des intérêts

Certains OPVCM capitalisent les intérêts. Ceux-ci sont alors réinvestis et viennent augmenter la valeur de la part de la Sicav ou du FCP. C'est donc lorsque vous revendez vos parts que vous touchez ces intérêts sous forme de plus-values. Ces OPVCM sont baptisés OPVCM de capitalisation.

D'autres OPVCM, eux, distribuent des revenus, en général une fois par an. Tant qu'ils ne sont pas distribués, les intérêts viennent augmenter la valeur de la part. L'épargnant qui souhaite revendre ses parts à ce moment n'est donc pas pénalisé car il touchera ses intérêts sous forme de plus-values. En revanche, immédiatement après la distribution du coupon, la valeur de la part diminuera car elle sera amputée d'une partie des intérêts versés avec le coupon. Ces OPVCM sont des OPVCM de distribution.

De plus en plus souvent, les OPVCM monétaires sont mixtes : le souscripteur peut choisir, pour un même produit, soit la capitalisation, soit la distribution des intérêts. Dans les deux cas, la performance de l'OPVCM est identique.

Comparer les différents OPCVM

Pour choisir un OPVCM monétaire, il faut, bien sur, comparer les performances annoncées, mais aussi tenir compte des différents frais demandés aux souscripteurs.

La performance

Les OPVCM monétaires classiques suivent tous les évolutions des taux d'intérêt à court terme. Leurs rendements devraient donc être très proches. Pourtant, dans les classements publiés régulièrement par la presse spécialisée et qui permettent d'identifier les meilleurs OPVCM monétaires, on observe des écarts de performance significatifs.

Les frais de gestion

La performance annoncée tient toujours compte de ces frais qui sont prélevés sur l'actif (les sommes investies) par l'établissement qui gère l'OPVCM, afin de rémunérer le travail des équipes financières, comptables et administratives, qui s'occupent de placer les fonds et de vous informer sur le devenir de votre épargne.

Ces frais ne sont donc pas payés directement par le souscripteur. Mais ils pèsent sur le rendement. Leur importance est très variable selon les OPVCM : entre 0,1 et plus de 1%.

En cas de fortes fluctuations des taux d'intérêts

Lorsque le gestionnaire prévoit une baisse des taux, il peut orienter le portefeuille de l'OPVCM vers des titres à plus long terme. Achetés à des conditions fixées avant la baisse des taux, et donc plus avantageuses, ces titres lui offriront une rémunération attrayante pendant toute cette période. Conséquence : la chute des taux ne se répercutera sur les performances de la Sicav ou du FCP qu'après quelques mois, alors que les OPVCM qui détiendront des titres à brève échéance (quelques jours) seront obligés de réinvestir très vite leurs disponibilités à des taux plus faibles. Leurs performances diminueront plus vite.

Le même phénomène peut jouer en sens inverse lorsque les taux remontent.

A la différence du livret A, par exemple, les intérêts sont recalculés chaque jour. On peut donc vendre à tout moment, sans perdre en rémunération.

Les frais d'entrée et de sortie

La performance, même si elle inclut les frais de gestion, ne tient pas compte des droits d'entrée que doit payer le souscripteur lorsqu'il achète des parts, et/ou des droits de sortie qu'il règle lorsqu'il les revend. Sur certains OPVCM, ces droits n'existent pas. Sur d'autres, ils peuvent être élevés. C'est un élément dont il faut tenir compte au moment de choisir un OPVCM car ces frais viennent diminuer la rentabilité réelle du placement.

Les droits d'entrée et de sortie peuvent se négocier.

Sur certains OPVCM monétaires, il est possible d'acheter des parts pour seulement quelques centaines d'euros. Cela permet de faire fructifier même de petites sommes.

Les droits de garde

En principe, les établissements financiers ne prélèvent pas de droit de garde sur les OPVCM dont ils sont les promoteurs. Mais ils en exigeront si le client leur demande de conserver des parts d'OPVCM acquises auprès d'autres sociétés.

Utilisation d'un OPCVM monétaire

Lorsque les taux d'intérêts sont bas, il n'est pas intéressant de conserver des sommes très importantes sur le long terme. En revanche, lorsque les taux d'intérêt à court terme remontent, il est possible d'obtenir des rendements de l'ordre de 3,5% l'an, les OPVCM monétaires retrouvent un certain attrait.

La fiscalité de l'OPCVM monétaire

Pour les OPVCM de capitalisation, les revenus qui viennent augmenter la valeur liquidative de la part sont imposés au moment de la cession comme plus-values. Ainsi, en deçà du seuil de cession des valeurs mobilières, les plus values dégagées sont exonérées d'impôt sur le revenu. Au delà de ce seuil de cession, elles sont imposées dès le 1er euro, à 27% prélèvements sociaux inclus.

Lorsque l'OPVCM distribue des revenus, ces derniers sont imposables à l'impôt sur le revenu.

Les parts d'OPVCM monétaires peuvent être achetées et vendues du jour au lendemain. Le capital est donc toujours disponible.

La fiscalité des OPVCM monétaires s'est considérablement alourdie depuis quelques années. Pour optimiser le rendement d'un OPVCM quel qu'il soit, il est donc important de veiller, par le jeu des cessions, à ne pas dépasser le seuil fixé par la loi de finances.