Garfield

Garfield

Un gros chat roux, plutôt malin, voire malicieux, incroyablement gourmand et tire au flanc, ayant une haute idée de lui-même, mais qui adore son maître, voilà le portrait de celui que vénère le public sous le nom de Garfield.

Garfield aime qu'on l'aime...

Il faut aimer Garfield, car Garfield aime qu'on l'aime. Cet affreux matou légèrement sujet à l'embonpoint et fainéant est toutefois très attaché à son maître, Jon Arbuckle. Mais entre eux, parfois, c'est l'amitié vache, Garfield veut n'en faire qu'à sa tête et Jon qu'à la sienne, alors, naturellement les problèmes ne sont pas loin, surtout s'il y a une histoire de nourriture en jeu... En outre, Jon a une manie qui irrite au plus haut point Garfield, il s'intéresse aux filles - qui d'ailleurs, a contrario, pour la plupart, ne s'intéressent pas à Jon - à l'exception de Liz. Celle-ci a fait son apparition récemment à l'occasion du passage au grand écran de Garfield. Mais comble du malheur pour Garfield, cette Liz qui peu à peu prend pied dans la vie de Jon et Garfield est... vétérinaire ! Pire encore, on apprend que c'est elle qui aurait introduit Odie, un petit chien tout fou, dans la maison de Garfield et Jon, naturellement sans en demander l'autorisation à Garfield ce qui est proprement inadmissible, tous les chats en conviendront.

Voilà donc le vrai drame de Garfield : trop bon de laisser son maître habiter chez lui, celui-ci en profite pour introduire femme et animaux inférieurs dans SA maison ! Ajoutons pour compléter l'univers de Garfield, outre Jon, Liz et Odie, son meilleur ami et voisin, Nermal, un jeune chat (autoproclamé le « plus mignon chaton du monde ») un peu naïf et ayant toujours envie de jouer avec son ami Garfield. Il ne faut pas oublier non plus Pookie, un vieil ours en peluche qui est en fait le doudou que Garfield emmène partout avec lui, surtout quand l'heure de la sieste approche. Mais revenons à Odie. Un peu bébête, tout à la fois compagnon d'infortune et souffre-douleur de Garfield, ce dernier adore lui jouer des tours et se moquer de ce chien-chien qui court après des baballes, tandis que lui, très admiratif de lui-même, depuis sa hauteur de chat, considère le monde avec philosophie.

Et c'est d'ailleurs là le point fort de Garfield, tout au moins son origine. En effet, Jim Davis, l'auteur et créateur de Garfield a commencé dans la bande dessinée en inventant les aventures d'un insecte philosophe. Du coup, Garfield en a gardé l'empreinte. Ajoutons à cela que Garfield à l'origine et tout au long de nombreux albums est exclusivement un « comic strip », comme le Chat de Geluk, à savoir une série d'histoires très courtes de quelques cases, en général trois, au cours desquels tout doit passer : la présentation de la situation, son côté insolite qui est tout à la fois la signature de l'auteur et du personnage, et, bien sûr, le gag ou, tout au moins, une sorte de conduite de vie pratique humoristique qui est significative du caractère du personnage principal.

En ce qui concerne Garfield, il aime, plus que tout, allongé dans sa corbeille, réfléchir au sens de la vie, maudire les lundis et penser au prochain repas. Ainsi, dit le vénérable animal « trois formes d'abus de soi : suicide, exercice, régime. » Voilà qui résume tout à fait la pensée garfildienne, stratosphérique par moment, et plus que jamais dès lors que cette pensée et les intérêts de son ventre se rejoignent. Car, on l'a dit, ce Garfield est un fieffé gourmand qui ne jure que par les lasagnes. Il faut le savoir, cette spécialité culinaire italienne est son véritable talon d'Achille, au point même que le sixième album de Garfield s'intitule « Mon royaume pour une lasagne » , ce à quoi l'animal ajoute « un ventre plein est un ventre heureux. » Autant le dire tout de suite, par ces temps de maigre, ces époques de régime et sous la dictature actuelle de la minceur, Garfield est un dissident, mieux encore, un résistant. C'est donc sous cet angle qu'il faut également l'admirer. Oui, il est gras l'animal et il pèse son poids en termes de croquettes, mais n'est-il pas superbe par rapport à tous ces matous top modèles faméliques n'ayant que la peau sur les côtes ? Regardez avec quelle majesté il dandine son popotin tandis que son ventre frôle le sol, la tête haute, l'oreille fière et frémissante. Il y a quelque chose du félin en lui, félin dégénéré diront ses détracteurs, félins heureux affirmeront ses défenseurs qui, tout comme leur idole, refusent de céder à la dictature du stress et de la maigreur.

Américain, l'ami chat a aussi une idée assez aiguë du business, puisque depuis sa naissance en 1978, ce ne sont pas moins d'une cinquantaine d'albums qui son parus (en France), des films de cinéma mêlant scènes réalistes et personnages d'animation, plus un troisième long métrage d'animation seule, selon nous, de qualité moindre -Garfield le film, Garfield 2 et Garfield 3D-.

Ajoutons à cela des épisodes TV et des téléfilms (dont certains, inédits en France), des produits dérivés : jeux de société, jeu de cartes, jeux vidéo -Garfield 2-, trousses, cartables, tee-shirts, mugs, etc.

Bref, toute la panoplie du super héros de BD qui étale ostensiblement son outrageante réussite.